jeudi 17 août 2017

Deux vieilles Japonaises

Alors que je roulais, je croise ce vieux porteur un peu cabossé. Je n'en avais jamais vu un comme ça. Il fallait que je vois ça de plus près ! Le "T2500" sur la calandre ne me disait pas grand chose. Puis sur le volant, le logo Mazda me donna un début de réponse. D'après Google, il s'agit donc d'un Mazda T2500, sorti de chaine entre 1980 et 1984. Autant dire qu'il est très rare dans l'hexagone...

Notez que Kia en a assemblé. Au début des années 80, l'état Sud-Coréen lui avait ordonné de se recentrer sur les utilitaires et vu qu'il était allier à Mazda... Il obtint une dérogation avec la Pride, parce qu'il avait promis à Séoul qu'il l'exporterait (ce qu'il fit effectivement, sous le nom de Ford Festiva.)
Je repars, tout satisfait de mon "spotting". Mais 200m plus loin, je voyais cette fois une berline. Re-stop ! Celle-là, pas besoin de la chercher sur Google. C'est une Toyota Cressida, je le sais car j'en ai vu une à Marrakech... Ca devient "Le Blog Toyota" ici ! Cette Cressida est en piteux état. Visiblement, le propriétaire s'est dit qu'avec une nouvelle peinture, on n'y verrait que du feu... Puis, suite à un carton, il a du changer la portière avant droite et elle est donc d'une autre couleur.

Je sais que je me répète, mais c'est dommage que l'on ne prenne pas davantage soin des vieilles Japonaises.

dimanche 13 août 2017

Le trident de Fontainebleau

Voici une Maserati Indy, une GT 2+2 à moteur V8. La marque au trident en a produit un petit millier de 1969 à 1976. Elle est en meilleur état que celle que j'ai vu à Rétromobile, en 2015 ! Dans les années 60-70, Maserati avait une gamme pléthorique de coupés. C'était un archaïsme typique du haut de gamme (sport, mais aussi luxe et premium.)
Pour un constructeur qui fabriquait 1000 voitures par an, c'était cohérent. Vous veniez, vous passiez la journée chez votre concessionnaire, voire vous vous déplaciez à l'usine et on vous construisais une voiture sur mesure.
Mais dans les années 60, les volumes augmentaient. La clientèle était située toujours plus loin. Qui plus est, elle exigeait des véhicules plus aboutis, quitte à sacrifier la personnalisation. L'Aston Martin DB 2 fut l'un des premiers exemple de GT "prêt-à-porter". Cela explique en partie le succès de la marque.
Trop de modèles, ça n'a que des inconvénients. Chez Maserati, cela signifiait une dispersion des moyens (total, aucun modèle n'avait de budget pour le développement !), une concurrence interne et une absence de lisibilité. En 1976, Alejandro de Tomaso arrêta la production de tout ces coupés, souvent obsolètes. A la place, il créa une nouvelle famille touffue, celle des Biturbo ! Il fallu attendre Fiat pour que Maserati se recadre. Aujourd'hui, on voit que même chez Lotus, Morgan ou Ginetta, la tendance est de se recentrer sur 3 modèles maxi et de proposer plutôt de la diversité à l'intérieur de ces modèles (carrosseries, motorisations...)

vendredi 11 août 2017

Marmite Abarth

Il y a des dizaines et des dizaines de Fiatou sur ce blog. Et dans le lot, vous savez combien il y a d'Abarth ? La réponse, c'est... Zéro. Zéro Fiat 500 Abarth, c'est dire si elles sont rares... Donc, ça y est, j'ai pu en immortaliser une. Et juste devant chez moi, en plus !
L'actualité sportive de Fiat, c'est l'annonce d'un éventuel engagement en Formule E. Qu'est-ce que c'est original ! Après, Renault, DS, Jaguar, Mercedes, Porsche, BMW et Audi, le groupe Fiat se jette dans la bataille.
1) Ils passent pour des suivistes. Il existe des dizaines de disciplines et ils choisissent celle où tout le monde est déjà ? J'aimerais bien voir l'étude de marché... "Soyons innovant, faisons comme tous les autres !" Leur service marketing, c'est du caca ! Ils n'ont pas plus d'imagination que ça ?
2) Comme la plupart des généralistes, FCA va à reculons dans l'électrique. En 2011, j'ai vu rouler une 500 électrique de pré-série. Depuis, il ne s'est pas passé grand chose. Trop cher, trop compliqué à mettre au point et une marché inexistant (même avec les aides -qui ont vocation à disparaitre-.) Même les plus motivés comme BMW ou Renault ont levé le pied. Donc il n'y a pas vraiment de lien entre la Formule E et les véhicules de FCA. On peut faire le même reproche aux autres. Tesla ou Byd investissent massivement dans l'électrique... Mais eux, ils ne sont pas en Formule E.
3) Tout le monde se contrefiche de la Formule E. Ca fait des beaux communiqués de presse, mais les retombées sont nulles !
4) L'une des causes, c'est le projet. Une bonne idée, ça serait de rapprocher le team FCA de l'existant. Prema travaille étroitement avec Abarth et Ferrari. L'équipe est l'écurie officielle de la Ferrari Driver Academy en F4, F3 et F2. Elle s'est occupé de l'éphémère Florida Winter Challenge. Il serait donc logique de confier la structure FE à Prema. Côté pilotes, Jarno Trulli ou Vitantonio Liuzzi sont trop vieux. Quant à Michaela Cerrutti, elle s'est imposé une fois en Auto GP et ce fut son quart d'heure de gloire... Raffaele Marciello est sans volant fixe. Il a été pilote d'essai de Ferrari. Ce serait un bon pilote senior, aux épaules larges. Luca de Fillipi n'a pas roulé pour Prema, mais il a l'expérience des programmes internationaux (F2, Indycar...) Quant au Français Brandon Maïsano, il a coaché Lance Stroll et Zhou Guan Yu. Il serait un excellent "grand frère". Et il faudrait un "jeune". Ca serait une porte de sortie pour Antonio Fuoco ou Zhou Guan Yu. Soyons réalistes, ils n'iront jamais en F1... BMW, Mercedes, Porsche, Renault et d'autres possèdent une ribambelle de pilotes "juniors". Mais, vous comprenez, ils sont trop bons pour effectuer ne serait-ce qu'un test en Formule E ! Dire qu'au début des années 90, Peugeot envoyait les pilotes de la 905 comme vedette des rencontres Peugeot... Jean-Pierre Jabouille, 2 victoires en F1, au volant d'une 309 Coupe ! Et Simon Pagenaud, envoyé par Honda pour disputer des épreuves de F1600... C'est comme ça qu'on se rend indispensable... Les juniors d'aujourd'hui, ils zappent les events, ils ne veulent pas se salir les mains. Total, ils deviennent des pilotes jetables...

mardi 8 août 2017

Faites chauffer le prix Pulitzer !

"By Jonathan Ouaknine". Pour la première fois, un magazine papier publie un de mes articles, qui plus est aux USA !

Vous vous souvenez de l'interview d'Angie Mead King ? J'ai du me battre pour la publier. Je pensais que cette histoire méritait d'être publiée, au Blog Auto ou ailleurs. Ne serait-ce que parce qu'être la fois préparateur, représentant de RWB, pilote de monoplace et Youtuber, c'est intéressant. A fortiori aux Philippines (un pays dont on ne parle jamais autrement que pour nous montrer les bidonvilles.) Et a fortiori lorsque l'intéressé est transgenre. Comme Le Blog Auto trainait les pieds, j'ai donc cherché d'autres médias qui pouvaient être intéressés. J'ai envoyé des e-mails et j'ai eu une réponse positive.
Angie Mead King m'avait répondue dans un long message audio, en anglais. Et elle m'avait filé des dizaines de photos. Je n'ai eu qu'à retranscrire ses réponses, faire un Wetransfer avec les photos et voilà !
Je n'ai pas eu le sentiment d'avoir mouillé la chemise ; juste des mails et de la bidouille sous Word. Une partie de moi a envie de rester modeste. C'est vraiment un média à faible tirage. Ca ne vaut pas Road & Track ou un blog pointu genre The Truth About Cars... Mais une autre partie de moi a envie de frimer. Ils n'ont pas eu à corriger une virgule de ce que j'ai écris. Ce qui prouve que je sais tenir un stylo et que je parle un anglais digne d'un média ! Et puis, quand je pense à tous les imposteurs dans la presse auto, tous les mythomanes, tous les gens condescendants, je me dis que moi aussi, j'ai le droit de me faire mousser !

J'ai proposé une deuxième interview au magazine (que j'ai déjà réalisé.) Donc, là, je pourrais mettre sur mon CV "...DES publications aux Etats-Unis." Et si ça pouvait donner envie à un média français de me proposer une pige...

lundi 7 août 2017

Youngtimers du coin de la rue...

Cette Fiat Croma est victime de raids de pigeons. Dans les années 80, la Croma était issue du projet "Tipo Quattro" de haut de gamme européen, avec Saab, Lancia et Alfa Romeo. Ainsi, elle partage la même plateforme que les Saab 9000, Lancia Thema et Alfa Romeo 164. Des quatre, ce fût la plus mal-aimée : Fiat manquait de crédibilité dans le haut de gamme.
Pourtant, le constructeur italien avait fait des efforts. Ainsi, il sponsorisait le Tour de France. Je me souviens aussi d'un film français où des gens un peu marginaux volaient une Croma et ça tournait au publi-reportage...

Remarquez, je suis sûr qu'en 2017, les volumes d'une "mal-aimée" comme la Croma, Fiat France les voudraient volontiers ! Et même, la plupart des généralistes voudraient une "E" ayant des volumes aussi faibles...
Une 2cv produite entre 1968 (clignotants sur les ailes) et 1974 (calandre chromée.) Vous avez vu comment elle mouche la 308 au feu vert ? En même temps, avec 500kg, les démarrages sont aisés. Par contre, dès que vous passez en 2, on vous rattrape...
Une Opel Kadett cabriolet ? Non, une Opel Cabrio ! Bertone mit 2 ans à décapsuler l'Astra. Du coup, pendant ces 2 ans, la Kadett cabriolet poursuivi sa carrière, avec les moteurs de sa remplaçante. Après tout, à la même époque la Golf 1 cabriolet et l'Audi 80 cabriolet étaient toujours au catalogue, alors que les berlines avaient disparues depuis longtemps...

Je crois me souvenir que Pontiac a commercialisé une version cabriolet de la Daewoo Lemans (produite par Bertone ?) Google ne trouve rien. Est-ce un "moment Mandela" ?

dimanche 6 août 2017

Balade d'août

J'ai pris l'habitude de marcher jusqu'aux fast-foods. Ca me permet d'avoir moins de scrupules lorsque je dévore un hamburger bien graisseux... L'autre jour, je suis passé devant un concessionnaire Renault Trucks. Et dans un coin, il y avait ce Renault GBH. Particularité : ce camion est né Berliet (l'inverse du Berliet "club of four" !) Il dérive même du GLR de 1950. Il a été assemblé un peu partout : Chine, Algérie, Maroc, Portugal, Espagne... Paul Berliet était un homme d'affaires de la vieille école. Mais au moins, il a développé son entreprise à l'international. J'ai l'impression que lorsque Saviem et Berliet ont fusionné dans Renault V.I., tout ce que Berliet avait bâti a été minutieusement démoli. Quitte à se tirer une balle dans le pied. Et c'est comme ça qu'un des leaders européens du poids-lourd perd du terrain. Et un beau matin, on se dit que de toute façon, c'est un poids mort et on est bien content de le vendre à Volvo...
Une Toyota Celica (A60.) J'avais cru que c'était une Supra, mais Google m'a corrigé. En tout cas, elles sont très rares, en France. Tant pis s'il y a un poteau en plein milieu...

vendredi 4 août 2017

Polo loco !

Ma mère a eu une Polo Oxford, alors j'étais content d'en voir une. La dotation en équipement comprenait une deuxième rétroviseur extérieur, un essuie-glace sur le hayon et un pré-équipement radio. Wahou ! Les dernières Polo "86C" (pré-facelift) sont sorties de chaine en 1990. Pourtant, personne ne les considère comme collector. Alors qu'elles ont une particularité : cette carrosserie "break de chasse" (Volkswagen France préférait parler de "coach".)

Aujourd'hui, la plupart des citadines sont des 5 portes avec hayon. Pourtant, cette carrosserie n'avait rien d'une évidence. La Renault 6 était une 5 portes avec hayon, mais elle n'était pas vraiment une citadine (idem pour la R4.) En 1972, sortent quasi-simultanément la Renault 5 (une citadine 3 portes avec hayon) et la Peugeot 104 (une 5 portes sans hayon.) En 1976, la 104 reçu un vrai hayon. La Renault 5 s'offrit une carrosserie 5 portes en 1979. Pour autant, dans les années 80, les 5 portes n'étaient pas la panacée. Les Fiat Uno, Opel Corsa et Peugeot 205 furent les premières citadines proposées d'emblée en 3 et 5 portes. Ce qui était plus évident, c'est qu'il fallait une 2 portes (3 volumes) pour l'Europe du Sud. D'où la Polo Derby (parfois appelée Derby "tout court".) Volkswagen pensait également que la clientèle préférerait un hayon vertical aux 5 portes. Sauf erreur, il avait aussi peur qu'une Polo 5 portes n’empiète sur les ventes de Golf. Sachant que dans les années 80, Volkswagen proposait une Golf 5 portes sous-motorisée à un prix agressif, la Junior. Pendant ce temps, l'Austin Metro et la Ford Fiesta reçurent des exécutions 5 portes. En 1990, la Polo eu droit à un gros lifting, mais toujours pas de 5 portes ! Il fallu attendre 1994 et la Polo 3. D'ailleurs, Volkswagen soulignait que c'était la descendante de la Golf 1.

mardi 1 août 2017

Joindre l'utilitaire à l'agréable...

J'aime bien le Peugeot J7, en particulier son avant. Avec l'Estafette et le Type H, on sentait bien que les constructeurs tâtonnaient. Petit gabarit et petit moteur ? Grand gabarit et gros moteur ? Ou bien grand gabarit et petit moteur (après tout, une fourgonette, ce n'est pas censé aller vite...) ? Portes avants coulissantes ? Porte latérale coulissante ? Les deux ? Essence ou diesel ?

Peugeot est venu presque par hasard aux utilitaires. Le carrossier industriel Chausson s'était offert Chenard & Walker, à la dérive dans les années 30. Au lendemain de la guerre, Chausson a décidé de réorienter Chenard & Walker vers les fourgons. Mais aucun des deux ne construisait de moteurs. Peugeot accepta de donner celui de la 203, en échange d'une distribution dans son réseau, avec son logo. Discrètement, le logo Chenard & Walker disparu au milieu des années 50. Le J5 était également une création Chausson. Ensuite, Citroën, Fiat et Peugeot s'associèrent dans Sevel. Terminé, l'improvisation. Place aux gros volumes et à une vraie stratégie commerciale.
Voilà une voiture bientôt collector : une Škoda Favorit break (alias "Forman" à domicile.) J'ai déjà évoqué la Favorit. Elle fût l'une des très rares voitures de l'Est, de la fin des années 80, à avoir survécu à la chute du mur. Pour les employés de Škoda, ça devait être une époque folle. Concevoir une nouvelle berline alors que la Tchécoslovaquie s'effondrait. Tout le monde disait que le régime communiste allait expirer. Mais quand ? Dans un mois ? Dans un an ? En attendant, le constructeur avait l'ambition de remplacer ses vieilleries tout-à-l'arrière par une compacte à traction avant, signée par Bertone, en plus ! Volkswagen a du filer un coup de main. Et pour équilibrer les comptes, Škoda exporta jusqu'en Chine et en Corée du Nord ! Terminés, le temps où l'URSS faisait le tri entre pays communiste fréquentables et hérétiques... L'heure était au sauve-qui-peut ! En quelques mois, le bloc de l'est s'effondra. C'était le temps de l'incertitude. La Tchécoslovaquie fut brisée en deux. Tatra du abandonner l'automobile. Renault, déjà partenaire d'Avia (finalement repris par Daewoo) était candidat à la reprise de Škoda. Mais Volkswagen proposait de conserver la marque. C'est ce qui l'a sauvée.

Aujourd'hui, je pense que les généralistes d'Europe occidentale vont subir des turbulences. L'affaire Volkswagen a brisé la confiance des Européens pour le diesel... Y compris dans les utilitaires. Le tout-diesel, c'était n'importe quoi. Des gens achetaient des diesel, même s'ils ne faisaient que 5000km par an, tout ça pour la sacro-sainte revente. Pour certains modèles, il n'y avait même plus de motorisation essence pour la France !
TOUS les constructeurs trichaient sur les normes de CO2, d'une manière ou d'une autre. Volkswagen s'est fait pincé. Pour les autres, c'était Schadenfreude ! L'avenir à court-terme, c'est le light hybrid. Des super stop&start de 20ch, voir 30ch, qui fonctionnent sous 48V. Donc peu de modification, mais de quoi rouler en mode électrique pur et grappiller encore du CO2. Même les camions vont s'y mettre. C'est ça ou ils ne pourront plus rouler demain en centre-ville...