mardi 28 février 2017

RS4

Ca y est, j'en ai enfin terminé avec Rétromobile 2017 ! Pour ce retour au spotting classique, voici une Audi RS4 (B5.)

Dans les années 90, Audi n'avait pas encore la crédibilité d'un BMW dans les sportives. D'où l'idée d'une approche très exclusive. Les RS2/RS4 et RS6 étaient lancées à l'extrême fin d'un modèle. Une version ultra-performante, sans compromis. D'ailleurs, la RS2 avait été conçu en collaboration avec Porsche. De modèle en modèle, la "marque" RS s'est installée. Du coup, ils ont joué à "si vous insistez, on en produit plus..." Du coup, on est passé de 2 200 RS2 à 10 000 RS4 (B7) ! Et la série limitée ne l'est désormais plus vraiment...

lundi 27 février 2017

Rétromobile 2017 : 29. la Cadillac de Johnny Halliday

On termine avec la Cadillac de Johnny Halliday, en vente à ArtCurial. Il faut bien s'arrêter à un moment, même si là, j'avais de quoi atteindre les 50 voitures... Notre Johnny national est un grand fan de voitures et de motos. N'a-t-il pas participé au Rallye Monte-Carlo, à la coupe Simca et au Paris-Dakar ? N'a-t-il pas appelé un de ses albums "Cadillac" ? N'a-t-il pas soutenu Ryo Fukuda, lors de son passage en F3 ? On peut aimer ou pas l'homme, mais en tout cas, c'est un "car guy"...
Après, la Cadillac... Mouais... Les 'rod Cad', c'était la mode au début des années 90, dans la foulée de la Cadzilla de ZZ Top. Aujourd'hui, c'est plutôt JDM/Import ou muscle cars "resto mod".

Internet a bouleversé la culture bagnole. Sans internet, le Nürburgring aurait probablement fait faillite et le grand circuit serait livré à la végétation. Top Gear ne serait connu que des Britanniques et Jeremy Clarkson pourrait se balader partout sans être reconnu. Quant à Chad McQueen, il en serait réduit à poursuivre les tournages de nanars, pour pouvoir manger à sa faim... Et moi ? Faute de mieux, je donnerai mon opinion du marché automobile à mes collègues de bureau, à la machine à café !
Internet a diffusé les idées. Les mordus se sont regroupés. Un "mythe" (au sens sociologique) est né. Le milieu de l'ancienne en a bénéficié. Ce qui n'était que des amicales de retraités est devenu un marché avec des enjeux industriels. Et comme pour l'art moderne, vous avez de tout. Vous avez d'une part des gens sérieux, souvent passionnés, qui se sont spécialisés dans une époque, une origine géographique, voir une clientèle. Ce qui n'interdit pas de faire des bénéfices, voir de gros bénéfices... De l'autre côté, vous avez des marchands du temple. Ils ne sont là que pour le fric. Déjà, dans leurs stands, leurs magasins ou leurs sites internet, c'est très hétéroclite. Quel crédit donnerait-on à un expert qui jugerait aussi bien un Jeff Koons qu'un Rembrandt ? Après, ils trouvent des pigeons qui achètent une 205 XA 20000€ et sont persuadés que dans deux ans, elle vaudra 40000€ ! Des gens avec beaucoup d'argent et pas beaucoup de cerveau, il y en a toujours eu dans l'histoire... Les escrocs de l'ancienne savent souvent rédiger de beaux communiqués, avec des historiques bidons. "A vendre, Citroën Saxo ex-Bourdais." Il faut lire les astérisques. Ah, mais ils parlent de Patrick, pas de Sébastien. Et puis plus loin, on apprend qu'en fait, elle appartient à un voisin, mais que Bourdais Sr l'a emprunté pour aller à Bricorama, une fois... Sur les photos censées apporter une preuve, on voit des détails qui diffèrent. Difficile de croire que c'est bien la même Saxo. Mais ce n'est pas grave, il y a des blogs qui titreront "Sébastien Bourdais vend sa Saxo !" A une époque, je disais "excuse-moi de te demander pardon, cher collègue, mais il y a de gros doutes sur cette voiture et..." et je me payais des réponses du type : "MDR l'autre qui la ramenne avec son Skyblog ! Ces la voiture de Bourdè et ces tout." Donc maintenant, je ne dis plus rien...

Rétromobile 2017 : 28. MG EX234

En 1964, la carrière de la MG B ne faisait que débuter. Mais BMC songeait à la remplacer. Le talon d'Achille de la voiture, c'était son train arrière. D'où des travaux autour d'une voiture à suspension à quatre roues indépendantes. Pininfarina, alors régulièrement sollicité par BMC, créa un prototype. En bonne adepte du recyclage, l'Italien s'est indéniablement inspiré de son propre dessin de la Ferrari 250 GT cabriolet 2ème série... La voiture finie fut testée et BMC songea alors à la positionner entre la B et la Midget. Puis le groupe se revisa : les deux voitures se vendaient bien aux USA. Pourquoi en lancer une troisième, qui irait les parasiter ? Ainsi, l'EX234 fut la première d'une longue lignée de projets mort-né de remplaçantes de la B...

Traditionnellement, sur ce blog, chaque fois que j'évoque une Anglaise, je termine par l'actualité de MG. L'actualité immédiate, c'est le SUV GS. La nouveauté, c'est que les versions "européennes" et chinoises ont été conçues en parallèle. Du coup, la version anglaise devrait sortir quelques mois après la version chinoise. Cela permet aussi de surfer sur le succès -relatif- du ZS. A mon avis, MG UK devrait dépasser les 5 000 unités cette année. Ca peut sembler ridicule, mais en 10 ans, ils ont vendu un peu moins de 10 000 véhicules sur le sol Anglais (dont 4 000 l'an dernier et 3 000 en 2015.) La marque s'installe, même si c'est à un rythme de tortue. Hélas, point de stand MG à Genève. Donc point de traversée de la Manche à court-terme.
Sinon, MG repart en BTCC. La "6" s'offre une nouvelle peinture et deux nouveaux pilotes. C'est sûr que c'est difficile de garder du personnel lorsque vous ne savez pas de quoi l'an prochain sera fait... Avec l'Avensis, la MG6 est la doyenne du plateau du BTCC. D'ailleurs, elle n'est même plus commercialisée. Sera-t-elle remplacée l'an prochain ?

dimanche 26 février 2017

Rétromobile 2017 : 27. Scora

Rétromobile, c'est aussi l'occasion de découvrir des voitures inconnues. Je ne prétends pas tout connaitre et ça m'arrive souvent d'être surpris. Et c'est tant mieux.

Tenez, celle-ci m'a surpris. De loin, j'ai cru à une Ligier JS1. Mais de près, ça ne colle pas. Une Jidé ? Non, une Scora. Késako ? De retour chez moi, petit coup de Google... Je n'étais pas si loin que ça, avec ma Jidé, car c'est le même fondateur : Jacques Durand. A la fin des années 60, il construisit son coupé sportif à moteur Renault, à un rythme homéopathique. En 1973, avec la crise du pétrole et l'interdiction du sport auto, les caisses sont vides et durand revendit Jidé... Mais peu après, il créa Scora. Esthétiquement et techniquement, elle était proche des Jidé. Les finances restaient précaires et après un second souffle avec une version à moteur R5 Turbo, puis R21 turbo, Scora ferma ses portes.

En comptant large, une centaine de Jidé/Scora ont été produites. Entre les différentes variantes et les préparations course, chaque voiture est plus ou moins unique. C'est un repoussoir pour beaucoup. Mais ça plait à d'autres...

Rétromobile 2017 : 26. Sunbeam-Talbot-Alpine

Avec la Montego, Rover avait inventé la voiture sans marque. Une quinzaine d'années plus tôt, Chrysler avait inventé la voiture sans nom de modèle ! Au milieu des années 70, Simca reçu enfin une citadine : la Sunbeam TI, directement importée de Ryton. Puis elle eu droit à une version sportive, la Sunbeam-Talbot-Lotus. Lotus traversait un trou d'air et ils ont accepté de s'occuper de la Sunbeam TI. Pour une citadine, son architecture était ringarde. Jusqu'au bout du bout, Rootes refusait de passer à la traction. Au moins, ça faisait une bonne voiture de rallye. Le premier titre mondial de PSA, c'était avec la Sunbeam-Talbot-Lotus ! Guy Fréquelin avait failli décrocher le titre pilote. D'ailleurs, Peugeot-Talbot Sport fut bâti autour du team Sunbeam-Talbot.
En concession, le premier problème, on l'a dit, c'était l'architecture. Le second, c'était donc l'absence de vrai nom de modèle. Sunbeam étant une marque. Le troisième, c'était l'Horizon. Pour le profane, la Sunbeam n'était qu'une Horizon 3 portes (alors qu'elles n'avaient rien à voir.) Ajoutez-y le flou de Talbot/Simca après le rachat par Peugeot et forcément, peu de gens voulaient pousser la porte d'une concession...

Aujourd'hui, c'est très rare de voir une Sunbeam-Talbot-Lotus d'origine. La plupart ont été coursifiée... Et c'est le cas ici.

Rétromobile 2017 : 25. David Brown

A Rétromobile, il y avait aussi un hommage à David Brown. Ses Aston Martin, on les a vues et revues. Moi, ce qui m'intéresse, c'est le tracteur ! Les tracteurs agricoles, ce n'est pas très sexy, en soi. Mais cela a permis à David Brown (et à Ferruccio Lamborghini) de faire fortune.
Brown ne partait pas de rien. Il disposait de la firme d'ingénierie industrielle de son grand-père (qui s'appelait également David Brown.) A la fin des années 30, Brown pressenttait que l'agriculture Britannique allait se motoriser et il demanda une licence de fabrication de tracteurs à Massey-Fergusson. Peu après, la guerre éclata. Avec ses tracteurs légers, David Brown a touché le jackpot ! En effet, la RAF avait besoin de tracteurs pour pousser ses bombardiers vers la piste de décollage. Accessoirement, il fallait aussi des tracteurs pour tondre les pelouses des aérodromes. Fortune faite, Brown pu s'offrir Lagonda, puis Aston Martin. AM était notoirement en difficulté permanente et les tracteurs David Brown permettait de payer les factures. Jusqu'aux moment où le besoin était si fort que Brown du revendre sa pépite, puis l'entreprise d'ingénierie, pour maintenir Aston Martin... Ca ne l'a pas sauvé et Brown tenta une reconversion dans les poids-lourd. Sans succès. Ford, qui avait racheté Aston Martin lui proposa un poste honorifique et il accepta.

Rétromobile 2017 : 24. Benetton B192 (ex-Michael Schumacher)

La Benetton/Ford B192 qui allait permettre à Michael Schumacher de terminer 3e du championnat de F1 1992. Derrière les deux Williams, mais devant la McLaren/Honda d'Ayrton Senna. Au passage, l'Allemand s'imposait au Grand Prix de Belgique ; son premier succès, pile poil un an après ses débuts.
Pour la petite histoire, début 1991, Flavio Briatore recrutait John Barnard et il virait son équipe technique. Adrian Reynard l'accueillit à bras ouvert et il annonça qu'il alla se lancer en F1. A l'automne, le projet Reynard F1 était mort, tout comme l'amitié Barnard-Briatore. Les licenciés revinrent au bercail, avec l'ex-future Reynard F1 sous le bras. Elle deviendra la B192. Reynard la considérait comme la première Reynard F1, 7 ans avant la BAR. Reynard "oubliait" l'Hawke F1, un projet monté autour des Keegan père et fils et d'un modeste constructeur de FF. C'est d'ailleurs là qu'il rencontra Pat Symmonds, qu'il embaucha à son licenciement de Benetton. Sans oublier aussi la RAM, dont il clamait la paternité... Jusqu'à ce qu'elle obtienne des résultats catastrophiques en F1...

Un mot sur Schumacher. Chaque fois que je rencontre un journaliste, il a des infos sur son état de santé. Je crois que tout le monde a plus ou moins les mêmes infos. Sauf que voilà, l'entourage a le procès facile. Donc, chut... Philippe Streiff s'est brûlé les doigts en diffusant un peu de "off"...
Pendant ce temps, Mick Schumacher passe en F3. Il sort de deux saisons moyennes en F4 et une saison très moyenne en MRF 2000. Des podiums, certes, mais beaucoup d'erreurs. Et surtout, il se balade avec son attaché de presse (celle de papa), quelques mots ultra-calibrés sur les podiums, puis il s'enferme à double-tour dans le motor-home. Lorsque la F4 ou la MRF 2000 veut faire des photos "ambiance", il n'est jamais dessus. Visiblement, il ne sort de son motor-home que pour s'engouffrer dans sa monoplace... Ce n'est pas comme ça qu'on se fait des copains dans le paddock... Ferrari dit qu'elle est à "ça" de le recruter, mais après deux saisons, le potentiel est quand même difficile à saisir. L'an prochain, ça risque d'être une année couperet, exactement comme Giuliano Alesi.

En 1992, les écuries fabriquaient une dizaine de voitures chaque année. Une fois, aux Classic Days, il y avait ainsi deux B 192 identiques, portant le N°19 ! L'une d'elles était pilotée par Lorina McLaughlin. Dans les lignes droites, elle se faisait doubler par les F3... Mais quel personnage. La rumeur disait qu'à l'origine, son terrain de jeu, c'était plutôt les trottoirs... Jusqu'au jour où elle est allée sur un circuit. A la fin des années 70, elle a eu du succès en F4 (ce qui désignait alors le "B" de la F3.) Puis elle a disputé des coupes monotypes. Elle est réapparue en F1 historique, au début des années 2000.

samedi 25 février 2017

Rétromobile 2017 : 23. Berliet

J'adore les Berliet. Ou plutôt, j'adore les vieux camions. Hélas, les Berliet sont les seuls régulièrement exposés. J'aimerais bien aller à un salon en Grande-Bretagne pour voir des ERF et des Foden. Mon grand rêve, ça serait de prendre le volant d'un camion Américain...
En attendant, admirez ce Berliet des années 10, avec ses pièces en cuivres et tout le travail de caligraphie sur le sigle...

Rétromobile 2017 : 22. Renault Laguna

Comme d'habitude, Renault est venu en force à Rétromobile. Cette année, le thème, c'est les concept-cars. De toutes les voitures du stand, je n'en retiendrai qu'une seule : Laguna. Pour moi, c'est le plus beau concept-car Renault de tout les temps.

Apparemment, l'idée était de faire une "voiture de rêve". Le principal, c'était de tester le nom, "Laguna", avant l'arrivée de la berline, en 1994. Il était propulsé par le 2l turbo de la R21 éponyme. Pourtant, on retrouvera son bleu et la forme générale de ses feux sur le Modus. Quant aux demi-portes en élytres et l'architecture générale, elle fut transposée sur le Spider Renault Sport. Il a été dévoilé juste avant le changement de logo. Du coup, sur les tous premiers clichés, il avait le losange "Vasarely". Il s'est pas mal baladé (toujours pour tester son nom.) Il avait même eu le droit à un petit film, entièrement en images de synthèse (c'était la mode, au début des années 90.)

Rétromobile 2017 : 21. Alpine(s)

Faute de stand au Mondial de Paris, Alpine est présent en force à Rétromobile. Autour du concept-car, on retrouve à peu près tout l'arbre généalogique : A106, A108, A110, A310, V6 et A610, toute peintes du même blanc.
On voit bien la parenté entre l'A108 et l'A110, au niveau de la cellule centrale et de l'aile arrière. Ca serait encore plus flagrant avec l'une des première A110...
Les maudites sont également là : A310 (V6), V6 et A610. Si on veut pinailler, il manquerait une 2+2/GT4 et une R5 Alpine.

Les dernières A610 sont sorties en 1996. Le concept-car A110-50, c'était en 2012. 16 ans... Dans une ou deux générations, les jeunes auront l'impression que c'était rien. Juste une parenthèse.
Sur les autres stands, on voit de plus en plus d'A110. La "Vulcanet", je l'ai déjà croisée plusieurs fois. L'A110 a toujours eu une bonne cote en occasion. A mon avis, avec le retour d'Alpine, il y aura une demande à l'étranger. Et surtout, des modèles jusqu'ici relativement peu demandés (GT4/2+2, A310 1600, V6, A610...) vont voir leur prix flamber. On verra des voitures sorties de grange. Tout ceci, ça sera des signes que la marque a "pris".
Pour moi, L'Alpine, c'est la Renault Alpine (alias "V6" ou "GT".) Je suis trop petit pour avoir vu des A110 ou même des A310 dans la rue. Sur celle-ci, le losange a été remplacé par un logo Alpine anachronique. Mon père a été patron de PME. Il avait un commercial golden-boy, qui s'en était offert une. Parce qu'en 1986, les golden boys, ils roulaient en Renault Alpine. J'ai eu la chance de monter dedans, à l'arrière. 30 ans après, je m'en souviens !

Rétromobile 2017 : 20. Ferrari 365 GT4 BB

Encore une voiture de Chase H.Q. ! J'ai voulu prendre l'arrière de cette Ferrari 365 GT4 BB, car c'est comme cela qu'elle apparaissait. Grâce à Solido, je connaissais la 512 BB. Je pensais que les six feux arrières, c'était pour éviter des problèmes de copyright (du style, non, M. Ferrari, ce n'est pas une 512 BB, c'est une création de nos studios, donc on ne doit pas vous payer de royalties dessus.) Ce n'est que bien plus tard, grâce à internet, que j'ai découvert la 365 GT4 BB...

C'était la première Ferrari de route à moteur central (hors Dino.) Le constructeur de Modène réagissait enfin à la Miura... Elle fut dévoilée au salon de Turin 1971. Mais il fallu attendre le salon de Paris 1973 pour qu'elle soit produite en série. C'était peut-être un moyen de protéger la 365 GTB/4 Daytona... De toute façon, au salon de Genève 1971, Lamborghini a décalé la barre d'un cran avec le concept-car LP 500. La 365 GT4 BB semblait beaucoup trop sage. La Countach LP 400 de série n'arriva qu'en 1974. Néanmoins, le charme était rompu. Dès 1976, Ferrari ripostera avec la 512 BB, équipée d'une 12 cylindres à plat inspiré par ses F1. Néanmoins, le charme était rompu. Il fallu attendre 1984 et la Testarossa pour qu'en terme d'esthétique, la Countach ait une rivale sérieuse.

Ferrari n'a produit que 387 exemplaires de la 365 GT4 BB. Pendant longtemps, ce fut une mal-aimée. Néanmoins, il ne faut pas rêver. Les Ferrari à "petit" prix, c'est fini !

vendredi 24 février 2017

Rétromobile 2017 : 19. Alfa Romeo Touring Touring

La plupart des voitures de Rétromobile mériteraient un post. Mais cela fait près de deux semaines que le salon est terminé, alors je dois accélérer...

Touring aime bien exposer ses voitures en cours de restauration. Particularité, il s'agit de voitures carrossés autrefois par Touring. Comme cette version cabriolet du coupé Bertone...
Hasard de Rétromobile, il y en a justement une restaurée, sur un autre stand.

Rétromobile 2017 : 18. March 2-4-0

Cette année, à Rétromobile, il y avait des F1 "hors normes" à 4 roues motrices ou à 6 roues, comme cette March 2-4-0. L'écurie en avait construit deux. La deuxième se trouve au Louwman Museum, près d'Amsterdam.

Les années 70 ont marqué la F1 car c'était une époque de créativité. Le V8 Ford-Cosworth face au 12 cylindres à plat de Ferrari, puis le V6 turbo de Renault. Mais aussi les pneus radiaux Michelin, l'effet de sol de Lotus... Ainsi que des impasses comme les 4 roues motrices, les 6 roues, "l'aspirateur" de Brabham, l'Eiffelland...
Aujourd'hui, il n'y a plus aucune marge. Ceux qui critiquaient Bernie Ecclestone l'encensent depuis qu'il s'est fait virer. Ils peuvent se moquer des politiciens qui n'ont aucune parole ! En tout cas, c'est Bernie qui a supprimé la créativité. Terminés, les circuits lents et les circuits rapides ou les bagarres de pneus. La F1 des années 2000, avec dix constructeurs, qui étaient aussi dix motoristes avait un certain attrait. Le problème, c'était que personne ne voulait être le dixième du championnat et c'est comme ça qu'en quelques mois, vous perdiez BMW, Honda et Toyota... Pour réduire les coûts, la F1 s'est limité à quatre motoristes, avec développement gelé et obligation de réutiliser le même "power unit" sur plusieurs Grand Prix. La ligne blanche, c'est la fourniture de châssis. La F1 n'en voudra pas, car en moins de deux saisons, il n'y aura plus que des Ferrari et des Mercedes (cf. le CART au début des années 80.) C'est l’ambiguïté de la F1, qui veut de la standardisation, mais pas trop...

Rétromobile 2017 : 17. Porsche 356 "Eva Peròn"

Jacqueline Evans était une actrice Britannique vivant (et travaillant) au Mexique. Son mari était l'importateur local de Porsche. De plus, c'était une amie d'Eva Peròn, épouse de Juan Peròn, alors président de l'Argentine. "Evita" est morte d'une cancer en 1952, à seulement 33 ans. Voilà pourquoi, quelques mois plus tard, Evans s'aligna à la Carrera Panamericana avec une Porsche 356 pré-A portant ses couleurs.
Hors d'Argentine, Juan Peròn était vu comme un autocrate populiste. Mais pour les Argentins, il était un leader charismatique et ouvriériste. La présence d'Eva à ses côtés fit beaucoup pour sa popularité. Tout comme le fait qu'il fut destitué lors d'un coup d'état militaire et forcé à l'exil (NDLA : vers l'Espagne franquiste.)

Bien des années plus tard, Carlos Reutemann se voyait président. Réélu à la tête de la province de Santa Fe, en 1999, il entama une pré-campagne présidentielle. L'Express signala alors qu'il s'alignait dans une rallye historique local à bord "d'une Porsche aux couleurs de Peròn" (un moyen de se placer en héritier du péronisme.)
Etait-ce la même voiture ? D'après Google, il n'y a pas eu d'autres Porsche liée à Eva ou à Juan Peròn. Mais le propriétaire de celle-ci déclare qu'elle est arrivée directement du Mexique. Sur les photos de la restauration, rien n'indique que la Porsche de Rétromobile était celle d'Evans et elle n'avait plus aucune inscription. Après, des 356 pré-A, au Mexique, il n'y a pas du y en avoir des dizaines...
De toute façon, en 2001, l'Argentine était en crise. Des péronistes tentèrent de pousser Reutemann à la présidence. Néanmoins, l'ex-pilote de F1 avait confiance qu'il représentait l'ancien régime et il préféra passer son tour.

Rétromobile 2017 : 16. Fiat Heritage

Fiat (ou plutôt FCA) est également à Rétromobile. Il y expose des voitures rares, voir unique. C'est le cas de cette Lancia Flaminia Loreymo de 1960. Comme son nom le suggère, elle a été dessinée par Raymond Loewy. Loewy a révolutionné le design industriel, des années 30 aux années 70. Il a aussi posé certaines bases du marketing et de la communication moderne. Avec tout de même une tendance à vampiriser les travaux de ses collaborateurs et sur la fin, à s'écouter parler. Le Centre George Pompidou lui avait consacré une exposition à la fin des années 80 (j'y étais), peu après sa mort. Depuis, on n'en parle quasiment plus. Pour nombre de gens, il n'en reste que "le gars qui a dessiné des Studebaker".
Une Fiat-Abarth 1000. En fait, Carlo Abarth a construit plusieurs modèles autour du même châssis (emprunté à la 600, de mémoire.) C'était les débuts de l'aérodynamisme. La fonction dictait la forme, d'où ces lignes effilées. Un beau résultat, non ? Lorsque Fiat a fait renaitre Abarth, la rumeur parlait d'une 1000 moderne. Hélas, on s'est vite retrouvé avec une monoculture 500...
Voici une Alfa-Romeo 2600. Ce n'est que la deuxième fois que j'en vois une en vrai (la première, c'était ici.)
On termine avec une autre 2600. Il s'agit du prototype de la SZ (carrosserie Zagato, donc.) Je m'arrête là, je ne veux pas refaire le couplet sur l'époque où les constructeurs et les designers italiens faisaient la pluie et le beau temps le premium vs où ils sont aujourd'hui...

mercredi 22 février 2017

Rétromobile 2017 : 15. Porsche 928

La Porsche 928 fête ses 40 ans. En effet, elle avait été dévoilée au salon de Genève 1977. Du coup, ils ont sorti du musée cette 928 shooting-break. Wikipédia évoque la 942, une 928 rallongée et les 928 "4 portes" (façon RX-8) d'ASC. De mémoire, le constructeur avait également créé une 928 4 portes avec de vraies portes arrière.
Une Porsche 928 bleue. Je ne pensais que ça n'existait que dans Chase H.Q. !

Moi, je l'aimais bien. D'ailleurs, cela fait des années que j'en ai une Solido au 1/43e. Le problème de la 928, c'est qu'elle ne savait pas trop ce qu'elle était. Esthétiquement, elle n'avait aucun lien de parenté avec la 911 ; par contre, elle semblait proche des 924/944. D'ailleurs, la 968 reprendra ses feux... Porsche avait refusé de l'engager en compétition (laissant des privés le faire.) De quoi la priver de l'ADN de la marque. De plus, en 18 ans de carrière, elle n'a pas eu de gros lifting. Dès le milieu des années 80, la rumeur courrait qu'elle allait bientôt être remplacée. Le constructeur dévoila ensuite une version Club Sport, qui ne fut jamais produite en série.
En résumé, un bon produit, mais une communication nulle.

Rétromobile 2017 : 14. Range Rover

Cette année Jaguar-Land Rover dévoile son programme de Range Rover restaurés. C'est une bonne idée. On est dans un monde où tout le monde commercialise des SUV, y compris Maserati et Bentley. Pour le grand public, SUV et tout-terrain, c'est pareil. Ce sont juste des quat'quat. Je suis sûr que certains sont persuadés que leur 2008 est un 4x4 ! De toute façon, ils ne quittent jamais le bitume avec. Alors, que reste-t-il à des spécialistes comme Land Rover ? Réponse : le côté "maison fondée en..." Actuellement, en Corée du Sud, Ssangyong ressort son album photo et donc, Land Rover débarque à Rétromobile. Jeep ferait bien de faire de même...

Cela dit, j'aime bien le Range originel. J'en ai conduit un, lors d'une Présentation Range Rover au Portugal... Là, ils lancent le Velar, que j'ai croisé à Saint-Moritz. Sur le coup, je n'ai pas tilté sur "Velar". En fait, c'était le nom des Range de pré-série. Au Portugal, ils nous avaient dit que c'était juste un nom italianisant. Pour brouiller les pistes, ils voulaient faire passer leurs protos pour une création italienne (parce qu'en 1969, premium était synonyme d'Italie...) D'après Boitier Rouge, ça serait en fait l'acronyme de Vee Eight LAnd Rover.

Rétromobile 2017 : 13. Talbot-Lago SS

Là, je n'ai même pas besoin de lire le carton... Talbot-Lago SS Figoni & Falachi. A la fin des années 30, les ultra-riches Américains étaient friands de grands noms Français (Bugatti, Delahaye, Talbot-Lago...) Les constructeurs n'ont jamais su exploiter cela. Pour les Américains, la France, c'est le luxe, le raffinement, l'exclusivité... Au point de créer de faux-produits français. Dans les années 80, un parfumeur a ainsi lancé de l'eau de Cologne Fabergé ! Sans oublier les vins californien du genre "Chateau Dupont-Durand"... Et donc, en adéquation avec cette image exclusive, les constructeurs Français débarquent avec la Le Car.
Le seul qui a tout compris, c'était Alain Clenet. Lui, il surjouait le frenchie dans les allées du salon de Los Angeles : "Non, non, non, Aïe am note sélign iou euh car. Maï production iz compliteli solde août ! Aïe am un artiste. Maï production iz limitedde ! If iou excuse mi, Aïe am goign tout ave dineur. Aïe ouil ave escargot and raid waïne." En vrai, il parlait bien anglais. Mais plus il jouait le frenchie d'opérette, plus les beaufs richissimes de Californie lui ouvraient son chéquier !

Pour info, au milieu des années 90 TLC proposa une réplique de la SS, la Talbo. Reinspeed en commercialisa une version tunée en hommage au groupe Yello, la Yello Talbo !

Rétromobile 2017 : 12. Lotus F2 "Japonaise"

Hasard du placement des stands, Patrick Peter avait planté son chapiteau à quelques mètres d'une Venturi ex-BPR. Peter est devenu un organisateur d'épreuves d'anciennes comme on en trouve outre-manche. Tant pis pour l'aspect historique, le principal, c'est de remplir la grille. Tant pis si on mélange les choux et les carottes, les voitures construites à l'époque et celles "coursifiées" récemment, le tout sur des tracés récents. Entre ça et les journées historiques de Monthléry qui sentent la naphtaline, il doit bien y avoir un juste milieu, non ?

En attendant, pour attirer l’œil, Peter a donné une forme de chapiteau à son stand. Dans l'entrée, une monoplace portant les couleurs du Japon. Mais elle est trop récente pour être une "Hondola". Est-ce la Maki F1 ? En tout cas, c'est plutôt rare de voir une voiture du soleil levant sur le vieux continent... Finalement, c'est une Lotus F2 qui a terminé sa carrière au Japon. D'où ces couleurs, en lieu et place du vert anglais...
Au début des années 60, les championnats européens de monoplace se rapprochèrent. Des règlements communs apparurent. En parallèle, en F1, il y avait une escalade des coûts. Les écuries se plaignirent notamment des pneus Firestone, performants, mais hors de prix. Puis ce furent les Ford DFV, facturés un bras et un jambe... Dans les années 50, Cooper, Ferrari, Gordini et Maserati payaient les factures en construisant des F1 privées. Néanmoins, avec l'apparition de la coupe constructeur et de l'escalade des budgets, les équipes privées se raréfièrent. Brabham, Lotus et McLaren eurent donc l'idée de profiter de la consolidation des championnats de F2 et F3. En prime, avec un minimum d'aménagements, une F2 pouvait disputer la Formule Tasman ou bien s'aligner en F5000, voir à Indianapolis. En construisant des châssis ces écuries purent arrondir leurs fins de mois. En 1968, la CSI autorisa le sponsoring extra-sportif. Les cigarettiers apparurent et les écuries de F1 eurent moins de problèmes d'argent. Il se retirèrent des formule de promotion, laissant le champ libre à Lola, Ralt, March et plus tard, Reynard... Les "vieilles" F2 comme cette Lotus n'étaient plus compétitives et voilà comment elles atterrirent au Japon, pour une deuxième vie...

mardi 21 février 2017

Rétromobile 2017 : 11. Dodge Viper GTS-R

Une Dodge Viper GTS-R. Pas facile d'avoir assez de recul pour la faire rentrer dans le cadre ! La première Viper était vraiment incroyable. Le tunnel de transmission bouffait l'habitacle, la boite était imprécise, le pédalier était décalé sur la gauche, il n'y avait pas de repose pieds et la garde-au-sol était ridicule... Mais quelle gueule !

La fin de la Viper, cela faisait des années qu'on en parle. Néanmoins, cette fois, elle est actée. Il y avait déjà eu un trou d'un an, entre la quatrième et la cinquième génération, en 2011. Cette fois, c'est censément définitif... A mon avis, la Viper reviendra dans cinq ou dix ans. Autrefois, le modèle, c'était de laisser coute que coute un véhicule de niche en production. Même si la traversée du désert s'éternise (cf. la Ford Mustang entre 1975 et 1995) ou que la production est tombée à un niveau ridiculement bas (cf. les derniers millésime de la Mazda MX-5 NC.) S'arrêter, c'est un échec.
Sauf que le revival est à la mode. Cela permet de mobiliser les fans, d'attiser le désir, de raconter une nouvelle histoire... Et d'oublier les épisodes les plus embarrassants. C'est le cas de la Chevrolet Camaro ou de la Nissan GT-R, qui se sont interrompues pour mieux repartir derrière. Dodge a fait cela avec la Challenger. Donc, d'après moi, la Viper va s'éclipser quelques temps, pour mieux revenir ensuite. Au passage, ils remplaceront le V10 par un moteur plus petit, peut-être avec un turbo, voir de l'hybridation. Qui va se plaindre du changement ? D'ici là, moins de choses seront "sacrilège".

Rétromobile 2017 : 10. Venturi 600 LM

Une Venturi 600LM. Plus précisément, celle d'Henri Pescarolo et de Claude Basso, victorieuse aux 1000km de Paris 1994. La première victoire, dans une coupe ouverte, de la marque au gerfaut. Deux autres succès suivirent, cette même année. Ils sont revenus l'année suivante et je l'ai vu rouler. Mais avec les McLaren F1, les Venturi étaient à la ramasse. D'ailleurs, la 600 SLM n'avait même pas pu se qualifier aux 24 heures du Mans.
Cette Venturi témoigne aussi de l'éphémère lune de miel entre Jürgen Barth, Patrick Peter et Stéphane Ratel (d'où le nom BPR.) Depuis, chacun est dans son coin. Peter possédait d'ailleurs un stand à Rétromobile, à quelques mètres de là...
Réunir trois ténors comme eux, en France, c'est impossible. Serge Saulnier vient d'être réélu à la tête de Magny-Cours. Ma question c'est pourquoi faire ? En tant que patron de Promacteme, devenu Saulnier Racing, il était impeccable. Mais son bilan, en 7 ans à Magny-Cours, c'est quoi ? Son grand plan pour relancer Magny-Cours, il est devenu quoi ? Le paradoxe, c'est que c'est au moment où l'autoroute descend enfin jusqu'au circuit qu'il perd ses principaux meetings. Il ne reste que les Classic Days et quelques journées circuits. On parle quand même d'un tracé de F1... L'excuse, c'est que le Paul Ricard et le Bugatti lui tirent dans les pattes. Dès que l'un des trois à quelque chose, les deux autres se jettent dessus. Jusqu'au moment où plus personne n'a rien. Mais le propre d'un leader, n'est-ce pas de sonner la fin de la récré ?
Regardez les Britanniques. Vous aviez d'un côté SRO (tiens, Ratel...) avec son British F3 à six voitures, MSV et le BRDC avec une F4 BRDC en prologue d'une F3 Cup dont tout le monde se contrefichait, la TOCA et MSA avec une "vraie" F4 (mais qui ne pouvait pas s'appeler F4 car MSV avait le copyright) et la BARC qui voulait ressusciter la FR 2.0 UK. Mais ils se sont bien rendu compte qu'ils allaient dans le mur. Alors ils ont mis de côté les problèmes d'égo. MSV et SRO se sont associés pour que la F4 BRDC devienne British F3 et qu'elle roule avec le British GT de SRO. Du coup, la MSA récupère le label F4 et il se positionne sous le British F3. Comme ça, c'est plus lisible et les championnats font à peu près le plein. Quitte à se mettre des coups de couteau dans le dos, loin des caméras.
Mais en France, même devant les caméras, les gens se tirent dessus ! Ce n'est pas comme ça qu'on va récupérer la F1... Le pire, c'est qu'on a terminé 2016 avec deux pilotes en F1, deux pilotes en Indycar (dont un champion), un champion de GP2, un champion de Pro Mazda, un vainqueur en F3, etc. Mygale construit de FF1600 et des F4 (à Magny-Cours, d'ailleurs), mais elles ne peuvent pas rouler en France ! Moi, j'attends de vrais états généraux de la FFSA avec tout le monde autour d'une table et un vrai plan pour relancer le sport auto hexagonal. Tant qu'on aura des gens pour qui la France s'arrête aux limites de leur propre circuit, rien ne changera. Donc, tout ces yaka-fokon, leurs discours, ils sont juste bons à mettre les pelures de patates dedans !

Rétromobile 2017 : 9. Ferrari FA 93 (ex-Jean Alesi)

Chaque année, à Rétromobile, il y a au moins une Ferrari F1. Et à chaque fois, c'est la bousculade. Cette FA 93 n'a pourtant rien gagné, mais c'est une Ferrari. Et un fan préférera voir une F1 rouge, même sans palmarès à dix F1 titrées d'autres équipes (à part, peut-être, des ex-Ayrton Senna...) 1993, c'était la fin du purgatoire. Jean Todt a claqué la porte de Peugeot Sport ; pas question d'être simple motoriste, a fortiori avec Larrousse. Bernie Ecclestone l'a poussé chez Ferrari. En attendant, Jean Alesi et Gerard Berger naviguaient en milieu de grille. Alain Prost était sur un nuage, bien secondé par Damon Hill. Senna faisait ce qu'il pouvait avec une voiture sans moteur et sans deuxième pilote. Michael Schumacher se démenait avec une Benetton loupée. Ferrari était "premier des autres". Mais il est vrai qu'en 1993, les autres existaient à peine.

Jean Alesi est l'un des rares pilotes Français de F1 moderne connu du grand public. Les Guignols l'ont fait passer pour un benêt. Mais un benêt gentil et honnête, comme Jean-Pierre Papin. Surtout, grâce à cela, il était devenu une célébrité. Aux Etats-Unis, il écumerait les meetings d'anciennes, où il ferait des séances de dédicace.
Mais il préfère suivre la carrière de son fils, par procuration. Pour 2017, Giuliano Alesi doit se racheter. Là, il a passé l'hiver sur le simulateur, il a fait le training dans les Alpes et il redouble en GP3. Donc 0 excuse ; il doit finir sur le podium final. Sans quoi, il conservera une image de pistonné et à bientôt 18 ans, il finira par être dégouté du sport auto. Ce serait dommage car je pense qu'il serait plus à l'aise en tourisme ou aux USA. Mais comme beaucoup de papa pilotes, Alesi Sr veut que son fiston marche sur ses pas...
Remarquez, à la Ferrari Drivers Academy, personne n'est en odeur de sainteté. Mis à part Charles Leclerc, aucun n'a fait une saison 2016 inoubliable. Le Monégasque est au-dessus de la mêlée. A mon avis, il sera en F1 en 2018. Avec le soutien de Ferrari ou pas. Le recrutement d'Antonio Giovinazzi comme 3ème pilote de la Scuderia (alors qu'Antonio Fuoco a déjà roulé avec les Rosso) est un signal fort. Tout comme le recrutement de Marcus Atrmstrong et d'Enzo Fittipaldi : ça pousse derrière. Armstrong a cartonné en Toyota Racing Series et il pourrait avoir une trajectoire à la Lance Stroll. Fuoco, cela fait déjà plusieurs années qu'il passe in extremis en classe supérieure. Zhou Guanyu devrait poursuivre, intérêt Chinois oblige. Mais à mon avis, s'il passe à côté de 2017, il va obtenir un placard doré. Ce sera démonstrations à Shanghai, ouvertures de concessions et un peu de GT Asia.

Rétromobile 2017 : 8. Moynet Spéciale

La Moynet Spéciale, rangée dans un coin de stand. André Moynet était un personnage incroyable. Il avait 18 ans en 1939 et il s'engagea comme pilote de l'air. Il servit en Afrique, puis aux côtés des Britanniques, avant de rejoindre l'escadron Normandie-Niémen, aux côtés de Roland de la Poype (futur créateur du fameux plastique A.B.S. de la Mehari...) A la libération, il fut démobilisé et resta pilote d'essai dans le civil. En parallèle, il entama une carrière politique, devenant ministre de la jeunesse et des sports de Pierre Mendès-France. Il fut également l'un des rares à témoigner en faveur de Viktor Kravtchenko, premier témoin des horeurs staliniennes. A l'occasion, il prenait le volant de DB, au Mans et à Sebring. Au début des années 60, il était responsable de la commission défense de l'assemblée nationale. Il se rapprocha de Matra et conçu l'avion Moynet M.360 Jupiter, qui ne fut pas produit. Avec un pied chez Matra et un pied chez René Bonnet, il poussa l'équipementier aéronautique à racheter Bonnet et à se lancer dans l'automobile. Il aurait également participé au dessin des Matra des 24 heures du Mans. En 1968, il conçu une première voiture et l'aligna aux 1000km de Paris, puis aux 24 heures du Mans. Max Jean abandonna. Moynet tenta de revenir en 1970, mais l'ACO refusa sa candidature. Il revint finalement en 1975, avec une deuxième voiture (construite à partir de la première) et un équipage exclusivement féminin. Il s'imposa dans la catégorie 2l. Il mouru en 1993.

lundi 20 février 2017

Rétromobile 2017 : 7. Honda

Comme l'an dernier, Honda est venu avec une NSX. Mais cette année, elle est accompagnée de sa descendante. Je crois que la moderne a pris tellement de retard que les gens n'ont pas conscience que c'est une nouveauté !

La NSX, c'était l'apogée de la bulle japonaise. "On va faire une Ferrari japonaise ! Ou plutôt, on va faire mieux que Ferrari : moins cher et plus abouti !" Et encore, la bulle immobilière a éclatée en 1991. Sinon, ils auraient fait des supercars et Toyota s'offrait GM ! Pour vendre la NSX, il fallait plus que des performances. A ce niveau de gamme, il faut un terroir, raconter une histoire... Nissan l'a compris vingt ans plus tard, lorsqu'ils ont lancé la GT-R.
Une Honda CB-450, la petite sœur de la mythique CB-750... Elle est apparu dans un album de Yoko Tsuno.
Cette série a connu son âge d'or dans les années 70-80. En général, une série marche à peu près jusqu'au vingtième album. Du 1er au 5e album, une série doit s'installer, l'auteur cherche les contours des personnages, des personnages secondaires se mettent en place... Du 5e au 15e album, l'auteur a son personnage principal bien en main et il a trouvé un public. A partir du 15e album, il commence à se reposer sur ses lauriers. Des personnages secondaires reviennent, pour des suites d'albums (qui n'en avait pas forcément besoin.) Au-delà du 25e album, ça devient n'importe quoi. Maintenant que le fond de commerce est épuisé. L'auteur rajoute de nouveaux personnages. Et puis, il y a le poids des ans... L'auteur n'est pas forcément au fait des dernières technologies. Et au-delà de 35, ce n'est plus qu'un zombie. Les ventes sont en chute libre et l'éditeur tente n'importe quoi (changement de dessinateur, dessin animé...) pour rester à la page. Finalement, ce n'est pas un mal que Nick Rodwell ait interdit toute continuation de Tintin. Sinon, imaginez dans quelle direction serait parti Tintin...
Un Honda Acty. C'est rare de voir des utilitaires dans Rétromobile. Et c'est encore plus rare d'évoquer les minivans.

Rétromobile 2017 : 6. Daimler Bottle car

Cette année, le musée Beaulieu est venu -entre autre- avec cette Daimler carrossée en bouteille de bière. Un travail qui ne manquait pas d'humour. Et très probablement, la carrosserie a été martelée à la main, d'après un dessin au sol, à la craie. Alors qu'aujourd'hui, vous auriez dix personnes rien que pour taper le communiqué de l'alcoolier sur Twitter ! D'ailleurs, en théorie, je devrais flouter la marque. Elle a pourtant disparu en 2005, après bien des rachats. Néanmoins, d'après Claude Evin, un adulte vertueux pourrais voir la marque et avant un besoin irrésistible de boire, qui se transformerait en alcoolisme. J'aimerais bien qu'on trouve des témoignages de gens qui ont bu ou fumé après avoir vu des pubs....

Rétromobile 2017 : 5. Joe Bar Team

Cette fois, je vais parler de 2-roues. On commence par cette Ducati 996, sur un stand de polish miracle. La 996, c'était le grand retour de Ducati, au début des années 90. Pendant deux décennies, le marché des sportives était dominé par les Japonaises. Avec la 996, pour la première fois depuis des lustres, la bécane la plus désirable était Italienne. Ce fut une cure de jouvence, avec le retour en Moto GP, l'apparition dans Tron, le rapprochement avec AMG et le rachat par Audi.
Ayrton Senna l'aurait adoré. Du coup, à la mort du champion, le constructeur Italien créa une série limitée siglée du "S".
Récemment, j'ai évoqué le destin des motos européennes. A mon avis, elles ont subit de plein fouet deux phénomènes. D'un côté, le permis moto, obligatoire pour les moyennes cylindrées. Du jour au lendemain, des motards qui n'avaient pas le permis furent contraints de mettre leur moto en vente. De plus, l'arrivée des citadines décapita le marché de la moto "popu". Les Anglais sont passés à côté de la mode du scooter et du cyclo. En quelques années Ariel, AJS, Royal-Enfield, Matchless et Vincent disparurent. Tout cela avant même que la première moto japonaise ne débarque en Europe. La Norton Commando était une tentative de reprendre la main. Comme disent les Anglais, c'était "too little, too late". Les Japonaises la mangèrent tout cru. Satisfait du "succès" de British Leyland, l'état anglais maria Norton avec BSA-Triumph, tout deux au bord de la faillite. La suite semblait écrite...
Une Indian. La marque vient de renaitre, grâce à Polaris. Indian et Harley-Davidson furent les seuls constructeurs Américain à passer le cap des années 10. C'était l'application de la bonne vieille théorie de l'innovation. Tout le monde proposait des produits plus ou moins similaires, puis des leaders émergèrent avec des motos plus abouties et une organisation industrielle. Indian coula au lendemain des années 40. Puis, un petit malin, vendit des Matchless aux USA, en peignant "Indian" sur les réservoirs. Ensuite, il y eu diverses tentatives de retours. Polaris voulait se diversifier dans les motos. Victory leur servit de coup d'essai. Les résultats furent modestes (d'ailleurs, je croyais que c'était un Chinois.) Au moins, ils avaient tout rôdé pour Indian.

Avec BSA (merci Mahindra), Royal-Enfield et Triumph, ça nous fait une quatrième marque disparue de retour. Excelsior pourrait renaitre. A quand un retour de Gnome-Rhône ?

dimanche 19 février 2017

Rétromobile 2017 : 4. Bosch

Sur le stand Bosch, il y avait ce Comi VW livreurs de bougies. Il était déjà là l'an dernier. Mais n'est-il pas mignon ? S'il revient en 2018, je le re-reprendrai en photo et ainsi de suite... La reproduction miniature au 1/43e était tentante. Mais je venais d'arriver. Je me suis dit que si je commençais à acheter des voitures à tous les stands, il me faudrait vite un caddie...

Si Bosch est là, ce n'est pas pour vendre des miniatures. Il veut surtout vendre des bougies et des batteries pour anciennes. Les équipementiers ont compris que les pièces détachées pour anciennes sont un marché comme un autre. A priori, il n'y a que des inconvénients : petits volumes, peu de rotation de stocks (les anciennes roulent peu), pièces qui employait des matériaux aujourd'hui prohibés (amiante, plomb...), réseau de vente très atomisé... Mais les collectionneurs sont prêt à mettre le prix pour restaurer (et de plus en plus souvent faire restaurer) leurs véhicules.

Rétromobile 2017 : 3. M'enfin !

Voici la toute première voiture que j'ai vu à Rétromobile. Une Fiat 509 aux couleurs de celle de Gaston Lagaffe...
Retour dans les années 40. Le métier de dessinateur était mal considéré. Ce n'était pas un "boulot sérieux"  et il n'était même pas considéré comme un artiste. En rigolant plus ou moins, les dessinateurs se définissaient comme d'ex-cancres qui en étaient encore à dessiner des "petits miquets" (sic.) dans les marges de cahier. Hergé, en mal de reconnaissance, tentera de percer dans la peinture. Faute de quoi, il milita pour que la BD fut un art ; ce qui lui fut accordé. Dans Tintin et l'Alph'art, Hergé en profitait pour prendre de haut l'art moderne ; l'artiste, c'était lui, les soi-disants artistes sont des escrocs. Spirou est apparu juste avant les hostilités. C'était le premier magazine consacré uniquement à la BD. Du moins, au début, il contenait quelques pages sur le fameux groom (dont une sur la couverture, pour donner envie au lecteur de l'acheter pour lire la suite...), mais aussi des blagues, de vrai-fausses petites annonces, etc. A l'armistice, Dupuis réfléchit à une nouvelle formule, avec davantage de BD. Il embaucha ainsi Franquin, Peyo, Morris, Will... Des jeunes gens qui avaient alors une vingtaine d'années. Franquin hérita de Spirou. Mais il fallait de quoi remplir 52 pages hebdomadaire. D'où l'idée de Gaston Lagaffe, en 1955. C'était un jeune homme maladroit et fainéant, face à un chef (Fantasio, puis Prunelle) tyrannique. Et chaque fois qu'on le forçait à travailler, c'était la catastrophe. En soi, c'était un personnage vu et revu au théâtre. Avec un gag tenant sur un unique crob'art, on occupait une demi-page, voir une page ! Mais les lecteurs réclamèrent davantage de Gaston. Le garçon de bureau eu droit à des mini-récits. Son univers se complexifia avec l'apparition d'autres collègues, des amis et ses animaux de compagnie... Dans les années 60, le paresseux se transforma en doux rêveur, un peu inventeur, un peu poète, un peu anar et bientôt, un peu écologiste... La preuve du côté improvisé, c'est que la voiture de Gaston n'était autre que la voiture d'un des amis de Franquin. Damiers sur les portes inclus !

Pour info, c'était une Fiat 509. Un modèle déjà antique dans les années 60. C'était aussi la toute première voiture fabriquée au Lingotto.

samedi 18 février 2017

Rétromobile 2017 : 2. à l'arrêt !

Un vieil arrêt de bus RATP. Il sert de pub pour une entreprise qui propose des sorties dans de vieux bus parisiens. Une fois, d'ailleurs, j'avais aperçu un mariage dans un de leurs bus.

Ce modèle d'arrêt, je les ai bien connu, au début des années 90. Même si, à l'époque, ils étaient déjà en fin de carrière. Les lignes de l'est parisien ont été pas mal modifiées dans les années 90. La RATP avait décidé d'éliminer les lignes qui se séparaient (par exemple 118A et 118B), les dessertes nocturnes et de leur donner un code couleur. Surtout, avec l'expansion du RER, des arrêts ont été déplacées vers les sorties des nouvelles stations. Et parfois, au détour d'une rue ou d'une avenue, vous trouviez une de ces tiges métalliques. Plus aucun bus ne passait par là, mais on l'avait laissé. On avait juste pris la peine d'enlever les ronds métalliques des lignes. D'autres fois, l'arrêt était toujours valable, mais une ou deux lignes ne le desservait plus. Donc il reste encore l'ombre rouillée de l'ancien rond... J'adorais regarder les vieux plans de banlieues, pour voir les lignes abandonnées...

Rétromobile 2017 : 1. Prologue

C'est parti pour mon compte-rendu de Rétromobile 2017 ! D'ordinaire, c'est une fois parti que je croise une ancienne, dans les rues adjacentes. Cette fois, c'est dans le parking où je me suis garé que j'ai vu cette Mercedes SL (R107.)

vendredi 17 février 2017

Saint-Moritz : 5. Post-scriptum

J'ai toujours mon appareil-photo (ou mon téléphone) à portée de main, prêt à dégainer. A fortiori à l'étranger. Voici donc mon bonus suisse. On commence par l'original de service. La température est négative, mais il roule capote ouverte dans son SLK en pneus été. Il est allé jusqu'à Saint-Moritz comme ça.
Quand vous arrivez dans un hôtel et qu'ils y organisent un séminaire Rolls-Royce (du team building pour les commerciaux ?), vous comprennez que vous n'êtes pas n'importe où...
Vous avez déjà vu un concessionnaire Maserati dans une station de ski ? Et bien maintenant, c'est fait !
Et comme vous pouvez le constater, avec cette Ghibli, il y a bel et bien des Maserati à Saint-Moritz.
Un Giotto Gladiator Victoria -autrement dit, un DongFeng Yu'an-. La mairie en possède plusieurs pour diverses tâches. C'est un peu l'éternel quota de voiture chinoise...
Des Rolls-Royce Phantom Drophead, devant un hôtel. La Phantom VI, sur le même perron, semble les snober.
Emil Frey nous vient de Suisse. Son métier d'origine, ce sont les Anglaises (motos, puis autos.) D'où ce panneau Land Rover. Plus récemment, il a repris Subaru, puis Kia, comme en France. Dans la station, les Land Rover et les Subaru sont surreprésentées. Ce concessionnaire doit donc plutôt bien vivre...
Pour la coupe du monde de ski, chaque boutique prend les couleurs d'un pays présent dans la compétition. Celle représentant les Etats-Unis expose une tether car dans sa vitrine. Les tether cars sont à la fois les ancêtres des scalextric et des voitures radio-commandées. Le moteur thermique fonctionnait avec un mélange d'éthanol et d'huile. Certains en tiraient 17 000tr/min ! (NDLA : imaginez le bruit et la fumée...) Elles n'avaient pas de démarreur. Il fallait les lancer, puis poser la voiture par terre... Et voilà ! C'était dans les années 30, avant l'invention de la télécommande. Une fois votre tether car lancée, vous n'aviez aucun moyen de la contrôler ! Elles étaient généralement utilisées sur des pistes circulaire.
Celle-ci m'a l'air trop détaillée pour être une vraie. C'est juste une réplique moderne.
Dans le temps, c'était une région agricole. Aujourd'hui, ce tracteur Fendt sert uniquement de décoration pour une boutique souterraine qui vend du caviar !
Les WC publics sont décorés avec une photo ancienne. Cette Chrysler Windsor '49-'50 semblait alors bien perdue sur la place...
L'armée Suisse utilise de drôles de camions. Outre les vieux Saurer (une marque disparue au début des années 80 !), il y a ces rustiques Bucher Duro.
On termine par... Un train. Ce curieux train de marchandise doublait ma navette vers l'aéroport. Il transporte des remorques de camions. Le transit des poids-lourd est très réglementé en Suisse. Du coup, les camions évitent le pays. Les écologistes râlent contre le "tout voiture", mais qui se plaint du "tout camion" ? Tout les jours, sur l'A86, je vois des camions espagnols ou portugais se rendant au Pays-Bas ou en Allemagne (et vice-versa.) Aujourd'hui, la moindre cagette de tomates traverse l'Europe. C'est un non-sens écologique et logistique. Les libéraux vous diront que depuis Adam Smith, on a démontré les vertus des échanges commerciaux internationaux. Néanmoins, les camions créent des embouteillages, ils détériorent les routes et provoquent des accidents. En France, la SNCF n'a pas investi un centime dans le fret ferroviaire. Votre cagette de tomate, elle met une semaine pour aller de Paris à Orléans !